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Marshall B.Rosenberg

Marshall B. Rosenberg, (1934-2015) docteur en psychologie clinique, a créé et développé le processus de la Communication NonViolente (CNV) il y a plus de 50 ans.

Il est né à Détroit, dans le Michigan, et il a fait l’expérience dans son enfance de tensions raciales, puis de règlements de comptes motivés par l’antisémitisme de certains de ses camarades d’école. Il n’eut de cesse après cela de trouver une réponse à deux questions fondamentales:
« Si nous, êtres humains, aimons tant contribuer au bien-être les uns des autres, pourquoi certains parmi nous génèrent-ils tant de violence et de souffrance dans leurs interactions, même dans leurs liens avec ceux qu’ils aiment? »

Et, inversement :  

« Comment se fait-il que certaines personnes parviennent à rester constructives et aimantes, même dans des circonstances horribles et violentes? »
C’est à partir des réponses qu’il trouva à ces deux questions que Marshall développa la Communication NonViolente, c’est-à-dire une autre façon de penser, de s’exprimer et d’exercer son pouvoir, qui se différencie nettement de celle dans laquelle la plupart d’entre nous – où que ce soit dans le monde – avons été éduqués à communiquer et à interagir.
Devenu docteur en psychologie clinique de l’Université de Wisconsin en 1961, il s’est vu décerner cinq ans plus tard la plus haute distinction du jury américain de psychologie professionnelle. C’est alors qu’il travaillait comme médiateur dans des conflits entre militants en faveur des droits civils et institutions engagées à supprimer toute ségrégation raciale qu’il fit le choix de fonder le Centre pour la Communication NonViolente (CNVC), en 1966, avec l’idée de faire connaître cet art du dialogue qui invite à une bienveillance mutuelle.
De son vivant, Marshall Rosenberg a énormément voyagé, tant aux États-Unis que dans de nombreux pays du monde, faisant connaître le processus de la CNV partout où on l’invitait et contribuant aux efforts de réconciliation et à la construction de la paix dans des régions déchirées par la guerre.
Marshall Rosenberg nous a quittés le 7 février 2015, paisiblement entouré des siens. Nous gardons de lui le souvenir d’un homme marquant du fait de sa simplicité, de son humilité, de sa profonde humanité, de sa compréhension sans pareille de l’âme humaine, de son engagement hors du commun et enfin de son humour décapant et du caractère percutant de ses messages.
La gratitude que nous éprouvons à son égard est immense, à la mesure du cadeau qu’il nous a légué et des transformations que celui-ci nous permet de vivre et de voir vivre.
Beaucoup de personnes et de projets de changement social, partout dans le monde et dans tous les milieux, ont été inspirés par lui et continueront de l’être.
En effet, la démarche de la CNV peut être utilisée pour résoudre les conflits, améliorer les relations et accroître les performances dans tous les domaines de l’activité humaine, que ce soient les écoles, les entreprises, les prisons, les hôpitaux et les gouvernements, la police, les militaires, les milieux associatifs et militants, les relations parents-enfants, les couples.

Le CNVC est le centre sur la communication nonviolente qui chapeaute l’ensemble de la communauté internationale. Pour en apprendre plus, n’hésitez pas à aller sur leur site Internet : https://www.cnvc.org/

Les concepts-clés de la CNV

Pour changer de perspective et sortir enfin de ces habitudes qui altèrent nos liens, la CNV nous propose quatre étapes. Elles agissent un peu comme un GPS qui nous guiderait vers la destination : des relations plus vivantes, plus authentiques et plus respectueuses. Les voici :

  • Observation,
  • Sentiments,
  • Besoins,
  • Demande.

Deux autres éléments sont nécessaires pour vivre et incarner au quotidien ces quatre étapes :

  • L’intention,
  • L’attention.
Gestion des conflits - CNV Québec

1 - Observation

Voir et entendre de la manière la plus objective possible et nommer des faits, autant que faire se peut, nous permet de sortir de nos automatismes. Ces réactions qui nous viennent spontanément nous portant à juger, critiquer, c’est-à-dire interpréter la réalité selon nos filtres et nos expériences de vie. Observer permet donc de minimiser l’impact de nos interprétations d’une situation partagée et de rester dans la bienveillante et l’ouverture à l’autre.

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2 - Sentiments

Les émotions et les sensations physiques sont les signaux indicateurs de l’état de satisfaction de nos besoins.
Lorsqu’ils sont inconfortables, désagréables ou souffrants, ils révèlent un besoin insatisfait. S’ils sont confortables, agréables ou réjouissants, ils indiquent qu’un besoin est satisfait.

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3 - Besoins

Essentiels à notre survie et à notre réalisation, les besoins sont universels. Ce sont nos élans de vie, ils sont donc légitimes et s’expriment de manière unique en chaque personne selon le contexte. C’est ce qu’on vit (satisfait) ou qu’on cherche à vivre (insatisfait) comme, par exemple, le respect, l’amour, l’accomplissement…

Amener notre attention sur cette source de vie permet d’assumer la responsabilité de son bien-être et de retrouver son pouvoir d’agir pour vivre plus d’authenticité et de confiance en soi.

Ainsi, identifier le besoin en lien avec ses sentiments ou ses pensées, c’est s’ouvrir à une compréhension profonde de son monde intérieur.
De plus, voir et entendre les paroles et les comportements de l’autre comme des signaux de ses besoins favorisent l’écoute, l’ouverture, le respect de soi et de l’autre.

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4 - Demande

En CNV, on utilise trois types de demandes : les demandes de reformulation, de connexion et d’action. Chacune d’elles vise à prendre soin des besoins et de la relation.

La demande de reformulation permet de vérifier comment notre interlocuteur comprend ce que nous avons exprimé. (Nos filtres respectifs ont-ils altéré le message ?) Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Il s’agit de vérifier que nous avons une compréhension commune, que nous sommes au même endroit.

La demande de connexion vise à mesurer l’impact de ce que nous venons d’exprimer. (L’autre est-il toujours disponible pour nous écouter, a-t-il besoin d’un espace de parole ou d’une pause?)

Par la demande d’action, nous prenons responsabilité de la satisfaction de nos besoins. Cette demande n’étant pas une exigence*, nous sommes disposés à recevoir une réponse négative. (Plait-il à l’autre de nous soutenir ?) La demande d’action peut aussi se faire envers soi-même. (Ai-je l’élan de me mettre en action ?)

*En CNV, il est important de reconnaître nos exigences, ces éléments non négociables, pour s’assurer qu’elles sont au service de la vie. L’exigence exprime une limite absolue qui a pour objectif de protéger les ressources disponibles, les miennes ou celles de l’environnement.

au travail et dans les organisations - CNVQuébec

L'intention

La CNV nous invite donc à placer la bienveillance envers soi-même ET envers l’autre au cœur de nos relations. Déterminer les ingrédients qui vont soutenir cet espace de respect, c’est donner à la relation toutes les chances de se vivre de manière satisfaisante pour tous.

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L'attention

En tout temps nous pouvons choisir de placer notre attention de manière à favoriser la qualité de la relation. Trois options s’offrent à nous :

  • Être à l’écoute de soi-même et de nos besoins ;
  • Offrir attention, présence et écoute à l’autre ;
  • S’exprimer de manière authentique.
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